Once upon a time

Voila longtemps que je n’ai rien publié sur ce blog: lassitude, manque de temps ou d’inspiration ?
Rien de tout ça.
Dans cette période tumultueuse, je traverse de longues nuits d’insomnie qui me dégagent un temps incommensurable #MarmotteRepentie je me suis mise au défit d’écrire, vraiment.
Quelques 40 000 mots de fictions en sont nés.
Je vous en livre donc ici quelques lignes….

 

Pondichery, octobre 2009

La pluie avait repris de plus belle quand ils arrivèrent à destination. Trempés, ils ne purent s’empêcher d’éclater de rire en se retrouvant assis face à face dans ce coffee shop. Léa avait une mèche de cheveux devant les yeux qui dégoulinait dans son jus de mangue. Paul la remit en place. Il la regardait avec une tête d’imbécile, de celles que les hommes font quand ils sont vraiment amoureux. Elle sourie, puis lui dit :

_ Alors, tu as décidé ce que tu vas faire après l’Inde ?
_ J’ai pris un billet pour Lhassa, j’ai encore tellement de choses à régler.
_ On en à tous …Alors ça sera donc le Tibet, tu vas adorer, il parait que c’est splendide. Tu part quand ?
_  Sans doute Mercredi prochain …
_ Et tu comptes me dire au revoir ?
_ Arrête Léa, je suis de Paris. On se reverra.
_ Ne dis pas de bêtises Paul, tu sais que c’est faux. C’est comme ça que les hommes font, non, pour sortir de la vie d’une femme ? Il s’en vont, sur la pointe des pieds, sans faire de bruit.

Elle avait dit ces mots avec tellement de douceur, de celles qui vous arrachent le cœur. Pourtant, il savait que c’était leur dernière rencontre. Trop malheureux ou trop lâche, il aurait été incapable de lui dire au revoir.

_Arrête, on ne va pas se faire de mal quand même ? dit il en lui prenant la main.
_ Je ne te demande pas de hurler, de casser la vaisselle ou de faire de belles phrases, mais j’aimerais simplement comprendre Paul. Pourquoi est-ce que c’est si compliqué ? Pourquoi je vois cette lueur dans tes yeux ? Pourquoi es tu es incapable de me dire quoi que ce soit de sincère, même si ça doit me faire mal ? Ou peut-être que c’est toi qui craint de souffrir ? Je veux l’entendre Paul, quoi que tu ai à dire. Je préfère entendre de ta bouche que tu n’envisages rien de plus avec moi, plutôt que de devoir me raccrocher à ce « on se reverra » auquel tu ne crois pas.
_Mais, Léa …
_Je suis bien plus forte que ça tu sais. Je survivrais à tout ce que tu pourrais me dire. Je te ferais même l’affront d’être heureuse sans toi, terriblement heureuse. Mais je t’en supplie, ne part pas comme ça, sans rien dire, en laissant la porte ouverte.
_Léa, je t’en prie. Ce n’est pas toi …
_Exactement Paul. Tu as raison, je dois sans doute pas être celle qui est faite pour toi.

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