Moia Bieda

Parfois, la vie nous offre des cadeaux inattendus, extraordinaires.
Récemment, elle m’a fait le Bonheur de pouvoir parler avec un auteur bien connu, pour lequel j’ai un profond respect et une grande admiration : Patrick Poivre d’Arvor, qui s’est prêté en toute simplicité, au jeu de l’interview.

13226826_124475847964049_3949140598962230240_n

Les Femmes ont toujours eu une place prépondérante dans vos livres, depuis Camille dans Les enfants de l’aube: une personnalité fascinante, une femme sylphide, délicieusement éthérée mais viscéralement forte. Une personnalité qui se retrouve chez plusieurs de vos héroïnes. C’est donc ça pour vous la féminité ?

– J’ai tendance à le penser. A vrai dire, je n’ai jamais théorisé les choses, mais je pense en effet que si toutes mes héroïnes, ou un grand nombre d’entre elles, ont des caractères relativement semblables, c’est quand même que ça doit correspondre à une vision que j’ai de la femme. C’est-à-dire une vision de grand respect, bien avant des tas de gens. Bon aujourd’hui, c’est plus facile de dire qu’on est pour l’égalité des sexes, mais c’est pour moi quelque chose qui a toujours eu beaucoup d’importance. En même temps, j’aime beaucoup la distinction par la féminité justement :  j’aime bien qu’une femme reste très féminine, pour moi c’est très important. Elle peut être très forte dans sa vie sociale et affective, mais j’aime bien qu’elle soit féminine.

– Pourquoi les Femmes ont-elles une si grande place dans votre bibliographie ?

– Sans doute parce que je les aime, tout simplement. J’ai toujours beaucoup aimé les femmes, je me suis toujours senti plus heureux dans la compagnie des femmes que dans celle des hommes. J’ai parfois reproché aux hommes d’être très martiaux, guerriers. Ils aiment beaucoup les décisions qui s’imposent. J’aime bien le jeu de séduction ou en tout cas une forme de conviction, qui vient naturellement, sans avoir besoin de l’imposer. Et je retrouve ça plus souvent chez les femmes.

– Ce qui fait à mon sens la beauté de votre littérature, c’est l’absolu, l’intensité qui s’en dégage. L’Amour côtoie souvent la Mort: Eros & Thanatos … S’agit-il d’une inspiration d’écrivain ou est-ce pour vous le reflet de la vie ?

– Ça vient de ma vie sans doute au départ, parce que quand j’étais jeune, j’ai été confronté à une assez grave maladie, une forme de leucémie et j’ai été soigné, je m’en suis sorti, mais autour de moi tout le monde ne s’en n’est pas sorti, donc la mort je l’ai vu assez jeune, à peu près au même moment que je découvrais l’amour. C’est ce qui à beaucoup inspiré mon premier livre Les enfants de l’aube que j’avais écrit quand j’avais 17 ans et qui est une version romancée de quelque chose que j’ai connu personnellement, ça doit être ça. Puis au fil des années, je me suis aperçu que les deux, Eros & Thanatos sont intimement lié. J’ai raconté ça notamment dans La mort de Don Juan et dans un grand nombre de livres. Est-ce que c’est ma vision personnelle, en tout cas ça a été sans doute une série de rencontres nées de ma propre vie.

– Qui sont les femmes qui vous inspirent ?

– Je n’aime pas les femmes trop masculines. J’aime bien les femmes qui obtiennent ce qu’elles veulent par la séduction plutôt que d’une manière autoritaire, y compris chez les executive woman. J’aime bien quand il reste une part importante de féminité, y compris le jeu de séduction , j’aime beaucoup les femmes qui ont de la séduction. Dans les hommes et les femmes politiques que j’ai rencontrés par exemple, Simone Veil a été l’une des femmes qui a eu le plus d’importance pour moi. C’est quelqu’un que j’admirais beaucoup.

– Qu’est-ce que la beauté à vos yeux ?

– C’est très très difficile à définir… La beauté c’est, comment vous dire, une fille qui à de l’allure, pour moi c’est une fille qui est très belle, qui a une allure folle, une fille qui a de la classe. Après vous ne détaillez pas, vous ne prenez pas le tour de poitrine ou le ceci ou le cela comme critère, ça dépend vraiment… Moi j’aime bien les femmes plutôt mystérieuses, je n’aime pas trop les femmes arrogantes ou même avec des parfums trop capiteux, des choses comme ça … En même temps, je peux tomber amoureux de femmes extrêmement diverses. La beauté, c’est un cliché que de le dire, mais elle vient beaucoup de l’être, de l’intérieur de l’être et après ça irradie ou ça n’irradie pas. Ça peut irradier à travers un sourire, à travers un regard, à travers une chute de hanche, à travers un cou, c’est très très varié.

– Quelle est l’héroïne, parmi vos livres, qui vous touche le plus ?

– Curieusement, c’est peut-être la première, parce qu’elle est la mère de toutes les autres, même si elle n’avait que 16 ans, c’est Camille dans Les enfants de l’aube parce qu’elle a eu beaucoup d’importance. Après j’ai décliné ma vision des héroïnes féminines à travers un livre qui est date d’il y a tout juste trente ans qui s’appelle Les femmes de ma vie et là, je raconte à la fois un certain nombre de femmes, qui sont disparues pour un certain nombre d’entre elles depuis plusieurs années ou plusieurs siècles, mais qui rejoignent ou qui ont rejoint des fantasmes personnels ou des femmes que j’ai connu plus intimement. Il y a une vraie déclinaison dans ce livre de toutes les femmes que j’aime personnellement, de toutes mes héroïnes. Et puis il y avait un livre, qui n’est pas si ancien, qui doit dater de 6-7 ans qui s’appelle Fragments d’une femme perdue où je raconte une héroïne qui a deux versants, un versant noir et un versant plus lumineux.

Merci à vous, Patrick, pour le temps que vous m’avez accordé durant ce beau moment d’échange.

A paraître :
Saint-Exupéry, le cartable aux souvenirs
Sortie le 3 novembre 2016 aux éditions Michel Lafon

Mes livres coups de cœur:  liste non-exhaustive 
♡ Les enfants de l’aube, éditions Jean-Claude Lattès, Les femmes de ma vie,  éditions Grasset,
♡ J’ai aimé une reine, éditions Fayard,
♡ A demain ! En chemin vers ma liberté, éditions Fayard, Seules les traces font rêver, éditions Robert Laffont,

8 Comments
  • Je ne peux que sourire à cette lecture! c’est bien ainsi que je me représentais cet homme aussi séduisant , qu’érudit et simple être humain! que c’est bon..Merci Marie de cette belle interview.
    Catherine

    6 octobre 2016 at 12:19
  • Coucou,
    wahouuu belle surprise effectivement 🙂
    Bravo pour cette belle interview, je l’ai relu 3 fois 🙂 … j’ai adoré
    plein de bisous
    Donna

    8 octobre 2016 at 11:18
  • Excellente interview, j’ai adoré <3
    Bravo
    Bisous

    8 octobre 2016 at 13:24
  • Super sympa cet interview, belle opportunité que d’avoir pu la faire.

    8 octobre 2016 at 14:09
  • Wow merci pour cette interview 🙂 J’ai adoré lire ses réponses 😉 Comme tu es chanceuse d’avoir pu rencontrer un auteur de talent! Bisous xx

    8 octobre 2016 at 15:44
  • J’ai adoré ton interview. Ça fait plaisir de voir une interview qui analyse le style de l’auteur et sa vision. Tu maitrise ton sujet et ça fait plaisir. On en découvre plus sur lui grâce à toi !

    8 octobre 2016 at 16:11
  • Une belle interview. Des questions pertinentes. Je trouve vraiment sympa qu’il se soit prêté au jeu et que tu aies osé demander.

    #CocoB.
    http://www.cocob-59.com

    8 octobre 2016 at 19:45
  • Quelle belle opportunité d’interview ! Ca doit être assez impressionnant de pouvoir interviewer une personnalité. En tout cas j’ai beaucoup aimé l’angle de ton interview !

    9 octobre 2016 at 14:46

Post a Comment